Le FSL 21 en 2006

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FSL du samedi 20 mai 2006

Atelier Solidarité

Cet atelier a rassemblé une cinquantaine de participants.
Ouverture des travaux par Jacques Thomas qui présente l'atelier :

Le FSL se situe 6 mois après les événements qui ont secoué nos quartiers populaires. Nécessité donc plus que jamais d'entreprendre un travail de fond sur les réponses à apporter. D'où le FSL d'aujourd'hui et ses 3 ateliers.

Pour ce qui nous concerne ici dans cet atelier, nous avons voulu réfléchir ensemble sur :
. les moyens à mettre en oeuvre pour retisser des liens sociaux face à une société qui craque et qui flambe, qui isole et détruit.
. la mutualisation des énergies, une meilleure connaissance entre nous qui agissons dans des domaines divers, parallèles, sans forcément toujours nous connaître et nous enrichir des apports des uns et des autres. C'est justement le rôle du FSL d'être ce point de rencontre.
. développer une culture de la solidarité à partir d'expériences concrètes.
. faire en sorte que ces actions de solidarité au quotidien soient aussi une forme d'éducation à la paix par les liens tissés entre les peuples.
. Vaste tâche ! L'atelier d'aujourd'hui ne peut pas être un aboutissement. Voir entre nous concrètement comment on peut le prolonger.

Thomas Marshall rappelle notre définition de la solidarité et les modalités de fonctionnement de l'atelier autour de 4 questionnements. Il présente ensuite différents intervenants :
- Marie-Dominique pour une coop. économique et d'emploi (L'Envol)
- des militants de la solidarité internationale avec la Palestine : Evelyne pour l'UJFP, Jean-Marc pour l'AFPS
- Gabriel, un agriculteur ayant fondé une AMAP
- des participants de l'espace autogéré des Tanneries.
- d'autres avaient été contactés mais étaient absents ou excusés (comme Alain Bal pour Citoyens du monde, ou Anne-Lise David, déléguée fédérale des clubs UNESCO).

Le premier débat porte sur les débuts des différentes expériences :
Qu'est-ce qui vous a poussé dans cette expérience ? Quelle nécessité avez-vous ressentie ?
-Pour Marie (L'Envol) : nécessité d'une cohérence entre un projet de vie et un projet professionnel. Importance du rôle de l'éducation. Enfin découverte des coopératives.
- Pour les membres de l'AMAP : volonté de faire du concret, de ne pas attendre. Distinction à faire entre solidarité et charité. Les idées de base sont de faire des productions locales et des produits de saison. Recréer des liens aussi entre citadins et ruraux. Le panier de l'AMAP est à 12 € pour atteindre un seuil de rentabilité. Il existe 2 AMAP actuellement en Côte d'Or et 400 en France.
- Evelyne (UJFP) : Il existe des Juifs qui sont contre la politique israélienne (le CRIF ne représente qu'1/7e des Juifs de France). Motivation de départ : sentiment personnel d'exclusion. Ensuite sensibilité à la justice en général (12 000 maisons ont été détruites en Palestine depuis 67).
- Jean-Marc (AFPS) : les persécutions du peuple juif ont entraîné un sentiment d'identification avec lui. Mais ce sont les Palestiniens qui connaissent la même situation aujourd'hui. Jean-Marc, handicapé lui-même, fait un parallélisme avec le monde des handicapés.
- Un débat s'instaure sur le problème de l'individualisme qu'on peut retrouver au niveau associatif pour défendre "sa" cause, sur les dangers d'une forme de corporatisme.
- Enfin présentation de l'espace autogéré des Tanneries : squatt qui existe sans subventions d'aucune sorte. Existe depuis 8 ans (la Convention avec la Mairie dure encore pour 2 ans). Noyau dur de 5 personnes avec des électrons libres. Noue des échanges avec le réseau des autres squatts.

La 2e question porte sur les actions concrètes : en quoi consistent vos actions ? Que faites-vous ? Avec qui ?
- L'Envol est une SCOP qui fait partie du 1/3 secteur. Elle apporte une aide au projet (formation à la gestion par exemple) (aide au démarrage de l'entreprise). Actuellement 25 projets aidés (création en janv. 05). Faire en sorte que l'économie rejoigne l'éthique. Apporter une aide à l'autonomie. Financièrement : soutien des collectivités locales (C.Général / Grand Dijon / C.Régional / peu de l'Etat).
- AMAP : des consommateurs abonnés + un contrat + une liste d'attente.
- UJFP : une conférence par an. Des actions nationales auprès des pouvoirs publics. Développer localement le "vivre ensemble" (avec l'ATMF par exemple).
- AFPS : 2 cadres d'action, aspect politique d'abord (information, pétitions, surveillance des média...). Aspect humanitaire ensuite (parrainages, aide à l'hôpital de Béthléem : hôpital qui ne vit que par la solidarité humaine internationale.

Les impératifs d'horaire nous ont amenés à regrouper les 2 dernières questions sur demain : en quoi votre expérience renforce-t-elle une culture de la solidarité, pour vous et au-delà ? Et pour demain, quels sont vos projets, les obstacles rencontrés ? Et aussi : que vous apporte cette confrontation d'expériences ? Suite à cet atelier, pouvons-nous continuer à faire quelque chose ensemble ?
- Les Tanneries : le fonctionnement du collectif se fait au consensus. Plusieurs projets : information sous forme de kiosque, free shop, atelier de matériel informatique avec logiciels libres, potager collectif, espace réservé à des rencontres. Intérêt de l'atelier : créer des liens, établir des connexions. Souhait d'une mise à disposition du lieu des Tanneries pour des rencontres.
- Marie-Dominique : tous nos échanges montrent qu'on peut faire autrement(# tout fatalisme). Dans le débat économie-développement, privilégier toujours la taille humaine. Espoir : que des entrepreneurs prennent des parts sociales dans l'Envol.
- AMAP : le contenu et le prix sont fixés d'avance. Nécessité de fonctionner en petits groupes. Pas de pression des intermédiaires et des grandes surfaces. Intérêt de la formule : les échanges humains que cela permet, le respect de l'écologie, un travail différent, des relations entre citadins et ruraux. L'agriculture est le secteur premier renouvelable. On peut se passer de la PAC. Les projets : la grosseur des paniers doit dépendre de la météo. Pour un développement des AMAP (1 habitant sur 5 est concerné au Japon). Intérêt de l'atelier : pouvoir communiquer en direct.
- UJFP : on se sent très petit parfois face aux nécessités ...
- AFPS : développement du partenariat avec Béthléem. Peut-être faut-il envisager des permanences ? Enfin, souhait de toucher des jeunes (Fac ?) Des échanges avec des étudiants palestiniens seraient possibles.

En conclusion provisoire, il s'agit de maintenir et de développer les liens tissés entre tous aujourd'hui. Une suite de l'atelier pourrait être la réalisation d'une sorte de mini-guide de la solidarité avec un petit livret présentant ces expériences solidaires locales, voire d'autres, pour diffuser ces témoignages à un public plus large.

Mais il faut aussi poursuivre la réflexion, l'échange d'expériences : le FSL est là avec ses ateliers pour le permettre, non seulement une journée mais tout au long de l'année pour tous ceux et celles qui le souhaitent ... A bientôt donc !

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